Et si les grandes puissances se re-faisaient vraiment la guerre?


 

Première nouvelle pour ceux qui ne le savent pas, je pars faire du volontariat au Kosovo à partir de mars, m’occuper d’enfants roms descolarisés dans une enclave serbe. Ça sera une bonne occasion de faire un petit paragraphe sur le  Kosovo une prochaine fois, mais là j’ai déjà fait trop d’articles, et même pas une petite carte pour servir de digestif, donc je m’arrête là.

Sinon, un site  nouveau site répertorie les mails envoyés, à l’adresse suivante: https://geopol.lol/ (c’est drôle).
Merci le Sang Vert.

Bonne lecture!
 

Les États-Unis et la menace de guerre
Depuis la fin de la guerre froide, on aime se rassurer en prétendant inconcevable un conflit de grande ampleur entre les grandes puissances, notamment entre les États-Unis, la Russie et la Chine. Les menaces sont plus clairement identifiées du côté des groupes terroristes, indépendantistes, rebelles, etc. Pourtant, alors que le Pentagone vient de hisser la menace russe et chinoise au-dessus de celle du djihadisme, The Economist considère que l’affrontement entre grandes puissances redevient possible, si ce n’est probable. En toile de fond, évidemment, la crise coréenne. Mais c’est aussi le risque posé par un ensemble d’actes agressifs mais limités de la part de la Russie (cyberattaques, campagnes de désinformation, invasion de l’Ukraine, intervention en Syrie, et peut-être intervention dans les élections américaines) et de la Chine (principalement une présence musclée en Mer méridionale de Chine pour s’y accaparer des îlots, mais également une nouvelle forme d’impérialisme économique, notamment en Afrique). La récurrence de ces actes peut amener facilement à l’escalade, surtout avec à la tête des États-Unis un monsieur avec une personnalité forte, autoritaire et… têtue, à défaut d’autres mots. Pas besoin de rappeler que si une guerre totale éclate entre les grandes puissances, on se retrouvera vite dans un Mad Max très peu fun. 

 

La Chine et le reste du monde
La Chine entame un colossal projet de “Nouvelle route de la soie”, vaste réseau d’infrastructures pour permettre un transport plus facile de marchandises dans 68 pays, par les mers et par les terres. Parfois comparé au Plan Marshall de 1947, le projet a une portée politique importante: il permet une emprise chinoise sur toute l’économie Eurasienne, voire mondiale. En plus des bénéfices apportés à la Chine sur le long terme, cela accroît la dépendance des États acheteurs de marchandises, pour qui le marché chinois sera le plus intéressant (en terme de prix, de vitesse d’acheminement, etc.) La Chine se place progressivement comme puissance centrale incontournable de l’Asie, sûrement pour préparer et accélérer son potentiel dépassement des États-Unis comme première puissance mondiale dans les décennies à venir.

Les hackers et la guerre
Un joli rapport du Remote Warfare Programme interroge sur ce qui définirait une cyber-attaque comme “acte de guerre”, impliquant donc une riposte (physique ou virtuelle). Alors que les attaques se multiplient, notamment initiées par les États contre d’autres États, les dirigeants préfèrent parler de “cyber-vandalisme” que d’acte de guerre. Mais où est la limite? Le rapport met en lumière la mise en place par les grandes puissances d’une stratégie de cyber-dissuasion: des groupes de militaires spécialisés dans la cyber-défense sont établis, de manière plus ou moins secrète, en cas de nécessaire réponse à une cyber-attaque étrangère. Or, contrairement à l’arme nucléaire, on est ici en présence de technologies rapidement changeantes, donc pas toujours clairement déterminées. L’auteur de l’attaque lui-même est rarement déterminé dans les premiers moments qui suivent l’attaque. Le risque d’erreur en cas de riposte est donc grand, et peut favoriser l’escalade. S’ajoutant au fait qu’une cyber-attaque de très grande ampleur pourrait être dévastatrice pour tout un continent, c’est à se demander si un ordinateur n’est pas plus dangereux qu’une arme nucléaire. Et puisque tout le monde a un ordi et peut constituer une petite équipe de hackers doués, la taille ne compte plus en espionnage, et les petits pays peuvent venir jouer à la cyber-guerre eux aussi. La Corée du Nord est un bon exemple. Les groupes terroristes pourraient le devenir…

Les guerres civiles et l’ONU
Selon une étude, un pays qui sort de la guerre civile a 40% de chances d’y sombrer à nouveau rapidement. Chaque année de paix ferait baisser ce pourcentage d’un point seulement. L’ONU cherche des solutions pour empêcher ces rechutes à travers les “Désarmement, Démobilisation, Réinsertion” (DDR). L’idée est assez simple: séparer les combattants de leurs armes, les désengager de leurs milices et les intégrer dans la vie civile (ou l’école dans le cas des enfants-soldats). Dans les faits, les résultats restent fragiles. Pensés pour répondre aux guerres d’indépendance des années 1970 et 1980, ces programmes s’adaptent mal aux nouvelles violences de groupes moins hiérarchisés et aux buts différents (notamment les narcotrafiquants). 

Macron et Trump
Alors que tout l’Occident se demande comment gérer sa diplomatie avec les États-Unis de Trump, Macron a pris le parti d’une relation étroite avec le nouveau locataire de la Maison Blanche. Alors que cet article parle de Macron comme un “calculateur froid et réaliste”, il développe l’idée que la France a tout intérêt à maintenir une relation privilégiée avec les États-Unis, voire avoir une influence sur eux. Macron pense encore pouvoir éviter une sortie de la COP21, promouvoir le libre-échange, et sait qu’il a besoin de Washington pour trouver des solutions dans les problèmes de conflits au Moyen-Orient (lui qui a entamé son mandat comme médiateur en Libye, mais aussi quelques autres pays). Il est intéressant de noter que l’opinion public a l’air de s’en fiche royalement ici, contrairement à nos voisins outre-Manche.

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