La Syrie dans l’incertitude, les terroristes du nucléaire et la Pologne anti-missiles

L’ébullition sociale en France occupe le devant de l’actualité, et c’est tant mieux, mais les crises internationales continuent malheureusement leur cours. Aujourd’hui, on parle actualité avec une nouvelle décision Twitter de Trump qui fait trembler le Pentagone, le risque d’un attentat nucléaire et ses conséquences, puis ce qu’implique la décision polonaise d’installer un bouclier anti-missiles sur son territoire. On finit avec une vidéo sur la place de l’IA dans le futur des armées, et les conséquences que ça implique. Bonne lecture!

Trump, la Syrie et le retour des troupes
Dans une nouvelle annonce Twitter, nouveau canal de communication favori à la Maison Blanche, Trump a annoncé un prochain retrait des troupes américaines déployées en Syrie. Une nouvelle fois, l’annonce informelle a surpris son propre staff. Les troupes américaines qui sont actuellement présentes dans le Kurdistan syrien assistent les Forces Démocratiques Syriennes (FDS; une coalition de groupes armés principalement kurdes et arabes) dans leur lutte contre l’État Islamique, proche d’être remportée (un dernier petit bastion djihadiste est présent dans l’est du pays). Beaucoup craignent un retrait prématuré, qui laisserait à Daech l’occasion de renaître de ses cendres. Les forces kurdes, attaquées à l’ouest par la Turquie, et potentiellement menacées par le régime de Damas au sud si les États-Unis lèvent leur protection, pourraient être incapables de déployer une force de frappe suffisante pour contrer une réémergence de l’État Islamique. Un retrait des troupes américaines signifie aussi laisser le sort de la Syrie aux autres puissances en présence: la Turquie, membre de l’OTAN, mais surtout l’Iran et la Russie, considérés comme des menaces à la sécurité nationale et globale pour l’Administration Trump (principalement pour le cas iranien). Les trois pays ont récemment tenu un sommet sur l’avenir de la Syrie à Ankara, sans les États-Unis. On comprend la surprise du Pentagone, dont les ordres semblent de plus en plus venir d’un média social, en totale contradiction avec l’expertise fournie par ce département.

L’actualité syrienne est évidemment marquée par la supposée attaque au gaz d’un village proche de Damas. Les États-Unis et d’autres nations occidentales accusent le régime syrien et son allié russe d’avoir provoqué une nouvelle attaque chimique, Trump promettant une riposte sévère. La Russie se défend de toute responsabilité et l’Iran parle de calomnies contre son allié Bachar al-Assad. Paris et Washington laissent planer la menace d’une action militaire. L’avenir très proche pourrait être mouvementé. 

Les terroristes et l’arme nucléaire
Le Bulletin of the Atomic Scientists a publié un article prospectif sur les conséquences d’une utilisation d’armes nucléaires par un groupe terroriste.Tout d’abord, le scénario tout droit sorti d’un Tom Clancy n’est pas vraiment improbable, au contraire. On sait que plusieurs groupes terroristes, notamment Al Qaeda et Aum Shinrikyō ont activement cherché à obtenir des armes nucléaires, en tentant de le produire eux-mêmes, en l’acquérant par le marché noir (un business qui semble toujours avoir cours actuellement) ou par le vol (le niveau de sécurité des stocks militaires de certains pays possédant l’arme étant assez bas, et le niveau de corruption assez haut). Une bombe atomique même très rudimentaire pourrait tout de même permettre d’anéantir tout un quartier, impliquant plusieurs milliers de morts et encore plus de blessés (par la déflagration puis les retombées radioactives), rendant le lieu inhabitable pour plusieurs années. L’article développe l’idée que, peu importe la localisation d’une telle attaque (même si elle est plus probable dans une importante ville occidentale), les conséquences seraient rapidement globales. L’ensemble des nations sombrerait dans une grande incertitude concernant le futur proche en termes de sécurité: si un groupe terroriste, clairement identifié ou non, aidé par un autre État ou non, possède l’arme nucléaire, une prochaine attaque est possible. Une importante militarisation et une hausse des tensions s’ensuivrait, avec certainement une fermeture des frontières. Cette disparition de la confiance ferait plonger l’économie mondiale dans une crise équivalente ou pire que celle de 2007 (sans même compter le scénario où l’attaque toucherait une place boursière). On peut aussi imaginer l’augmentation en flèche des mouvements islamophobes si un tel attentat était revendiqué par un mouvement islamiste, poussant les sociétés occidentales au plus profond de la fracture sociale. 

L’article avance des pistes de solutions assez évidentes: augmenter le degré de sécurité des installations militaires stockant les armes nucléaires, mais aussi des installations de nucléaire civil, faire de la prévention contre l’acquisition de l’arme par les groupes terroristes une priorité dans leur politique nucléaire, et la mise en place d’une coopération multilatérale concernant cette question. 

La Pologne, le bouclier et la Russie
La Pologne a signé un contrat pour acheter un bouclier anti-missiles aux États-Unis. Ça ne plait absolument pas à la Russie, qui est directement visée dans cette histoire. Le système de missiles “Patriot” a pour but d’intercepter une attaque nucléaire avant que les missiles n’atteignent leur objectif. Ce deal répond à la mise en place par la Russie de systèmes de tirs nucléaires dans son exclave (territoire national séparé géographiquement du reste du pays) de Kaliningrad, voisine de la Pologne. La Russie critique le fait que la mise en place du bouclier polonais mettrait en péril sa capacité de dissuasion, haussant l’insécurité dans la région. Une nouvelle étape dans le retour de la course à l’armement nucléaire depuis l’élection de Trump.

La position de l’Oblast de Kaliningrad, exclave russe

[VIDEO] L’IA et le futur de la guerre
Le Youtubeur Veritasium a invité sur sa chaîne son collègue Pindex pour proposer une vidéo très bien animée sur les implications du développement de l’Intelligence Artificielle dans le domaine militaire. Une autonomie large de robots tueurs, déjà en développement, pose des questions éthiques, mais aussi pratiques sur le futur de la guerre, de la lutte contre le terrorisme et la place des civils dans ces nouveaux types de violence armée. 

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