Actualité israélo-irano-syrienne et scénario catastrophe en Corée

Aujourd’hui on revient sur l’actualité brûlante: l’escalade du conflit syrien, avec l’implication croissante d’Israël. On parlera aussi, comme un peu trop souvent, du risque de guerre en Corée, et ce en évoquant des scénarios très alarmistes. On finira sur une note un peu plus légère et optimiste, avec un article sur les manières de faire de la diplomatie humaine, bien plus efficace pour désamorcer les conflits. Bonne lecture!

Israël, la Syrie et l’Iran
Grosse actualité de la semaine, l’escalade des hostilités entre Israël et l’Iran, sur le théâtre syrien, fait craindre des conséquences graves. L’incident prend pour origine l’entrée d’un drone iranien sur le territoire syrien (survolant le plateau du Golan, ancienne région syrienne conquise par Israël en 1981). Tsahal, l’armée israélienne, abat le drone puis lance un raid sur sa base de lancement au Sud de la Syrie. Lors de l’opération, un avion F16 israélien est abattu. Les pilotes s’en sortent, mais l’événement marque la première fois depuis 1982 que Israël perd un avion de guerre sous le feu de l’ennemi. Son premier ministre promet de continuer les opérations anti-iraniennes en Syrie.
La guerre civile syrienne est devenu le lieu de rencontre de nombreuses puissances étrangères, dont l’Iran. Téhéran utilise principalement ses loyaux alliés du Hezbollah, un groupe paramilitaire chiite né au Liban, mais a également envoyé ses propres troupes et son équipement sur place, pour soutenir le régime de Bachar al-Assad. Pour Israël, l’Iran est la principale menace nationale actuelle, et voir sa présence accrue dans la Syrie voisine est une grande source d’inquiétude depuis plusieurs années. Les tirs israéliens contre des positions du Hezbollah ou du régime sont assez courantes, mais l’escalade de samedi est une première, et représente un nouvel obstacle aux négociations visant à la désescalade dans les différentes régions syriennes (des “zones de désescalade” avaient été négociées par les principales puissances présentes militairement, y compris dans cette zone Sud-Ouest). La Russie ne semble pas vouloir intervenir pour l’instant, mais pourrait avoir un rôle à jouer dans le futur proche pour éviter un envenimement dans le sud de la Syrie (ou pour y participer…)
En attendant, malgré la défaite annoncée de l’État Islamique, la Syrie subit un important regain de violence depuis peu, entre l’invasion turque au nord, les raids sanglants du régime al-Assad dans les régions rebelles, et les troubles avec Israël au sud.

Une carte des différents incidents ayant eu lieu ces derniers jours en Syrie

La guerre en Corée et son ampleur
On évoque régulièrement l’éventualité d’une guerre en Corée, mais souvent sans comprendre l’ampleur du drame qu’un conflit ouvert entraînerait. Cet article de Vox donne des pistes pour commencer à l’envisager.
Avant tout, si les États-Unis décidaient réellement d’entrer en guerre avec la Corée du Nord, en suivant le modèle des guerres d’invasion en Irak et en Afghanistan, cela requerrait un nombre très conséquent de soldats à mobiliser (200 000 selon l’article, soit bien plus que les 166 000 d’Irak et les 98 000 d’Afghanistan).L’acheminement des troupes et de l’équipement, notamment les véhicules, ne peut pas se faire furtivement. On repère assez facilement un transport de milliers de chars des États-Unis à la Corée, ce qui laisse le temps à Kim Jong-un de s’énerver très fort. Mais il faut aussi prendre en compte le fait que les mobilisations de jeunes Américains pour les récentes guerres du Moyen-Orient sont toujours une plaie ouverte dans la société américaine, et un nouveau départ pour un théâtre d’opération encore plus dangereux risque d’être très peu apprécié.
Et si cette potentielle zone de guerre est plus dangereuse, c’est pour plusieurs raisons. Bien sûr, les armes nucléaires dont on parle tant, mais aussi l’artillerie conventionnelle nord coréenne, braquée sur Séoul à seulement une centaine de kilomètres de la frontière, dont on estime la cadence de feu à environ 10 000 missiles par minute (essayez de visualiser, rien à envier aux scènes de cinéma les plus dantesques). Autre crainte majeure: on sait aujourd’hui que la Corée du Nord possède des armes chimiques élaborées (notamment l’agent VX qui a permis de tuer le propre demi-frère du leader suprême, manière de confirmer au reste du monde que le régime possède une telle arme) et peut-être également des armes bactériologiques. Si une attaque au gaz sarin pourrait tuer 2.5 millions de personnes à Séoul (encore une fois, visualisez), une diffusion efficace de l’agent VX pourrait en tuer beaucoup plus, et une attaque bactériologique encore davantage. Pour cette dernière, pas besoin de missiles sophistiqués, un nord-coréen avec un sac à dos suffit à démarrer le plus gros drame du siècle.
Kim Jong-un pourrait très bien décider de ne pas en arriver jusque là, tout comme il pourrait décider de ne pas tirer les ogives nucléaires. Mais dans le cas où le régime tombe, les chefs de guerre laissés sans commandement, avec la connaissance des caches d’armes, seront libres de les utiliser, ou de les vendre au plus offrant. On ne peut même pas imaginer comment la Chine et la Russie voisines réagiraient en cas de conflit. Espérons que ni Trump, ni Kim ne veuillent être remémorés comme les initiateurs de la pire guerre de l’histoire.
Anecdote qui a son importance: les prénoms coréens viennent après le nom. Dans “Kim Jong-un”, Kim est le nom de famille (qu’il partage avec son papa décédé Kim Jong-il et son grand-papa qui a fondé le régime, Kim Il-sung). C’est valable aussi pour la Corée du Sud: Ban Ki-moon est en fait “Monsieur Ban”.

La diplomatie et ses multiples formes
Le Bulletin des Scientifiques Atomiques propose un bel article sur l’importance de la “diplomatie créative”, regroupant de manière large les manières moins classiques et conventionnelles de favoriser le contact entre deux États a priori peu copains. Le premier exemple parle de lui-même: la diplomatie par le sport, avec notamment le cas historique d’une rencontre de ping-pong entre les États-Unis et la Chine en pleine guerre froide. L’article cite aussi les échanges culturels, l’importance de la rencontre en face-à-face des représentants, les mesures de transparence favorisant la confiance entre les pays, etc.

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